Beni : les journalistes formés au journalisme de paix face à l’insécurité et à Ebola

Beni : les journalistes formés au journalisme de paix face à l'insécurité et à Ebola

Beni,02 Septembre 2026 (BENINIPASHE)-– Une vingtaine de journalistes de Beni renforcent leurs capacités pour exercer un journalisme responsable et orienté vers la paix, dans un contexte marqué par une double crise sécuritaire et sanitaire.

La région de Beni fait face depuis 2013 à une insécurité persistante attribuée aux groupes armés, notamment les ADF, qui a causé des milliers de morts et de déplacés. À cette crise s’ajoute la résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la RDC, déclarée depuis plusieurs mois.

Selon l’INSP, le pays compte 3.674 cas confirmés cumulés dont 1.621 décès, soit une létalité de 44,1%, une situation qui alimente la peur et les rumeurs au sein de la communauté.

C’est dans ce contexte que s’inscrit une formation de trois jours organisée en partenariat avec la GIZ, en collaboration avec l’UNPC. La première journée, tenue ce mercredi, a porté sur les notions essentielles du journalisme de paix, animée par le CT Mulanda Kafiamali, sous le thème : « Le journalisme de paix en contexte de conflit et de rumeurs : cas de l’insécurité et la Maladie à Virus Ebola à Beni ».

L’objectif est de renforcer les capacités des journalistes à prévenir la propagation des rumeurs et à contribuer à la cohésion sociale.

Le journaliste de paix, a-t-il été rappelé, explique les causes profondes d’un conflit, donne la parole à plusieurs acteurs, évite les généralisations, refuse les discours de haine, cherche les faits plutôt que des accusations, met en lumière les initiatives de dialogue et évite le sensationnalisme.

Un rappel crucial alors que la rumeur, dans un tel contexte, peut être totalement fausse, partiellement vraie, déformée, sortie de son contexte ou volontairement manipulée.

Dire sans nuire

Pour Moustapha Mulonda Kafiamali, président de l’UNPC Beni :

 » On a deux problématiques qui nous guettent : la crise de l’insécurité qui règne depuis 2013, mais aussi la maladie à virus Ebola. Comme journaliste étant acteur, que faut-il faire ? Parce que les constats montrent que le fait de se concentrer beaucoup plus sur la lutte contre Ebola, les gens oublient les difficultés que les victimes traversent dans la problématique liée au conflit dans la région de Beni« , a-t-il déclaré.

Il définit le journalisme de paix comme un journalisme de cohésion sociale qui ne cherche pas à arbitrer comme un match de football avec un gagnant et un perdant, mais qui cherche un intérêt d’entente. Et d’insister :

«  Le journalisme c’est un métier de formation à perpétuité. Ce qui est beaucoup plus important, c’est de combattre la violence grâce à la responsabilité sociale. Il faut dire des choses sans nuire aux gens. Il faut montrer les faits sans choquer les sensibilités« .

Face à la méfiance qui entoure la riposte contre Ebola, il appelle la communauté à rester à l’écoute des médias et à appliquer les gestes barrières.

Pour lui, la riposte contre Ebola et la quête de paix à Beni ne pourront réussir que si journalistes et communauté parlent d’une seule voix, en mettant de côté les divergences.

Trésor Kapepela Ben

By Rédaction Rédaction

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