Insécurité à l’Est de la RDC : «L’occident condamne la Russie, mais épargne le Rwanda »(Kalash Criminel)

Dans son dernier album intitulé « Bon courage », le célèbre artiste franco-congolais Kalash Criminel, de son vrai nom Amira Kiziamina, ne manque pas d’aborder la situation politique du conflit entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC). Sorti le 23 février 2024, cet opus de 17 titres met en lumière la réalité du conflit rwando-congolais et critique le traitement différencié de l’Occident envers la Russie et le Rwanda.

Kalash Criminel, connu pour son style agressif et sauvage, exprime son engagement envers son pays natal, la RDC, et dénonce l’agression que subit la partie orientale du pays de la part du Rwanda, via les rebelles du M23. À travers des paroles percutantes, il soulève des questions pertinentes et interpelle les auditeurs sur la situation dans l’est du Congo. Dans le titre « Recrutement de Ben Laden », il demande : « À l’Est, à Goma, il y a la guerre, et toi tu veux qu’on danse ? ». Cette interrogation met en évidence sa préoccupation face à la guerre qui sévit dans cette région et dénonce l’indifférence de certains Congolais.

Le rappeur de Sevran adresse également un message fort au président rwandais Paul Kagame, exprimant son refus de dialoguer avec lui. Cette prise de position reflète le scepticisme de nombreux Congolais quant à la sincérité de Kagame, notamment en raison du non-respect des accords conclus lors des processus de Luanda et de Nairobi, visant à désamorcer la crise entre les deux pays voisins.

Kalash Criminel ne se limite pas à dénoncer le conflit rwando-congolais, mais aborde également la situation socio-économique du pays. Il interroge : « Congo Kinshasa, on va souffrir jusqu’à quand ? » dans le titre « Le monde est petit et Dieu est grand ». Cette question fait référence à la hausse du coût de la vie et à la dépréciation du franc congolais face au dollar américain, ainsi qu’à l’interpellation des dirigeants du pays, dont le président Félix Tshisekedi.

Le rappeur évoque également l’histoire politique de la RDC et ses conséquences sur le pays. Il fait référence à l’assassinat de Patrice Lumumba, considéré comme l’un des pères de l’indépendance congolaise, et à l’arrivée de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), menée par Laurent-Désiré Kabila en 1997 pour renverser le président Mobutu. Kalash Criminel souligne l’infiltration à long terme de l’armée congolaise par l’armée rwandaise, considérée comme un frein au développement du pays et une cause endogène du conflit actuel dans la région du Kivu.

Enfin, l’artiste dénonce l’attitude de l’Occident, en particulier des États-Unis et de l’Union européenne, envers le conflit rwando-congolais. Il critique l’inaction des pays occidentaux, qui condamnent la Russie mais épargnent le Rwanda. Dans son titre « Ngannou », en featuring avec Bobby Shmurda, Kalash Criminel dénonce l’omerta des pays occidentaux qui se limitent à des déclarations verbales de condamnation sans prendre de mesures concrètes pour mettre fin aux atrocités commises.

Avec son nouvel album, Kalash Criminel offre une plateforme musicale engagée pour sensibiliser sur la situation du conflit rwando-congolais et dénoncer l’inégalité de traitement de l’Occident. Ses paroles percutantes reflètent les préoccupations d’une grande partie de la population congolaise et mettent en lumière les enjeux politiques et géopolitiques de la région.

Eugène Vomba

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