Masisi : les femmes pygmées de Kitshanga invitées à abandonner les accouchements à domicile

Masisi : les femmes pygmées de Kitshanga invitées à abandonner les accouchements à domicile

Beni, le 24 Avril 2026 (Beninipashe)— Les femmes pygmées de Kitshanga, dans le groupement Bashali Mokoto, territoire de Masisi au Nord-Kivu, sont vivement encouragées à délaisser les accouchements à domicile au profit des structures sanitaires.

Cet appel pressant a été lancé par l’infirmier titulaire du centre de santé Umoja, situé dans la zone de santé de Mweso, qui s’inquiète du faible taux de fréquentation des services de maternité par cette communauté autochtone.

Selon Tushime Jean Bosco, infirmier titulaire, les femmes pygmées fréquentent le centre pour des soins généraux, mais très rarement pour les consultations prénatales ou l’accouchement. Cette situation les expose à de graves complications.

« Nous constatons que les femmes pygmées viennent au centre de santé pour se faire soigner d’autres maladies, mais pas pour le suivi de la grossesse ni pour accoucher. Pourtant, l’accouchement à domicile comporte énormément de risques pour la mère et le nouveau-né. Nous les appelons à venir régulièrement en consultation prénatale et à accoucher dans des structures sanitaires pour leur sécurité », explique-t-il.

Interrogées, plusieurs femmes pygmées reconnaissent ne pas fréquenter les centres de santé pendant leur grossesse. Elles évoquent des barrières socio-économiques majeures, notamment le manque de moyens pour l’achat de trousseaux et la difficulté à assumer les frais de sortie dignement.

« Nous n’avons pas l’habitude d’accoucher à l’hôpital. Après l’accouchement, nous n’avons ni vêtements pour nos bébés, ni moyens financiers pour sortir dignement du centre de santé, contrairement aux autres femmes. C’est pour cela que nous préférons rester à la maison, même si ce n’est pas sans risques », témoigne l’une d’entre elles.

Cette situation met en lumière les défis socio-économiques persistants qui limitent l’accès des communautés pygmées aux soins de santé maternelle. Les acteurs de santé locale plaident pour une mobilisation collective visant à sensibiliser ces femmes, mais surtout à améliorer les conditions d’accueil et d’accompagnement dans les structures de santé de la zone de Mweso.

Siméon Semasaka

By Rédaction Rédaction

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