Beni, le 29 Juin 2026(Beninipashe)– Le consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) a présenté, au cours d’une conférence de presse, les conclusions d’un rapport consacré aux disparités de rémunération des agents publics et à la gestion des dépenses de l’État. À cette occasion, l’animateur de la conférence de presse à Beni, Serge Sivya membre du CNPAV, a dénoncé les profondes inégalités salariales observées au sein de l’administration publique ainsi que le poids excessif des dépenses de fonctionnement des institutions.
Selon Serge Sivya, l’étude révèle que les agents de l’État ne bénéficient pas d’un traitement équitable. Les analyses menées par le consortium mettent en évidence des écarts de rémunération pouvant atteindre près de 1 000 %, une situation qui, selon lui, soulève de sérieuses interrogations sur la politique salariale de l’État congolais.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que nous avons constaté qu’il y a non seulement des inégalités dans le traitement des agents, mais également un train de vie des institutions qui consomme énormément plus de fonds que les investissements », a expliqué Serge Sivya.
Pour illustrer ces disparités, il a cité le cas du Directeur général du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), dont la rémunération mensuelle atteindrait 48 000 dollars américains, soit, selon le rapport présenté, l’équivalent de 17 années de salaire d’un professeur d’université, dont la rémunération oscillerait entre 170 et 180 dollars par mois.

Au-delà des écarts salariaux, le rapport met également en lumière les déséquilibres dans l’exécution du budget de l’État. D’après les conclusions du CNPAV, les dépenses liées au fonctionnement des institutions et aux rémunérations dépassent parfois 100 % des prévisions budgétaires, alors même que le taux de recouvrement des recettes publiques avoisine seulement 50 %.
Cette situation aurait un impact direct sur le financement des projets de développement. En 2024, le consortium indique que les crédits consacrés aux investissements sociaux et au développement n’auraient été exécutés qu’entre 3 % et 12 %, tandis que les dépenses de fonctionnement ont largement dépassé les montants initialement prévus.
Pour Serge Sivya, ces constats traduisent une mauvaise allocation des ressources publiques, où les dépenses de fonctionnement prennent le pas sur les investissements susceptibles d’améliorer les conditions de vie de la population.
À travers ce rapport, le consortium Le Congo n’est pas à vendre appelle ainsi les autorités congolaises à engager des réformes en profondeur afin de réduire les inégalités salariales, rationaliser les dépenses publiques et réorienter les ressources de l’État vers les investissements productifs et les services sociaux essentiels.
Christian Balewa
