BENI : Au moins 70 personnes souffrent de la lèpre, le danger demeure permanent

OICHA, beninipashe.net 11/ MAI/2022

Au moins 70 personnes sont hébergées à la léproserie de Beni dans la zone de santé d’Oicha, une trentaine de kilomètres au Nord-Est de la ville de Beni. Depuis le début de l’année 2022, 4 nouveaux cas ont été notifiés dans cette zone de santé, dont le dernier au mois d’avril.

L’espace qui abrite la léproserie à Mbimbi, OICHA. PhotoJ.Bibuya/BeniNipashe

L’histoire de ce quartier est liée à cette maladie depuis l’avant indépendance. Au début, près de 4500 patients de la lèpre suivaient les soins dans ce centre suite à l’expertise du Docteur Karl Becker. Aujourd’hui, la maladie a sensiblement diminuer, explique Docteur Shadrac Sogheranda, médecin chef de la zone de santé d’Oicha

« La lèpre est une maladie causée par les microbacterium leparae. Elle est essentiellement nerveuse et entraine souvent d’infirmité au niveau des membres ou de la déformation à la figure. Comme on connait déjà les causes cela veut dire qu’on connait aussi le traitement. C’est pourquoi on a nettement diminué le nombre et c’est une maladie qui tend à diminuer. Il faut savoir aussi que c’est une maladie liée à l’hygiène et à la propreté des gens. On en a plus peur parce que tout le monde se présente quand il y a tache au niveau du corps… », a expliqué le médecin chef de zone

Si au début les gens avaient peur de côtoyer les malades de la lèpre, aujourd’hui ils bénéficient des visites des personnes externes du site qui leur apportent des vivres et non vivres. Chaque jour, l’infirmier Isaac, laborantin affecté dans ce site, côtois ces malades, il est parmi ceux qui les soignent. Il est lui-même fils d’un lépreux et s’est engager dans la riposte à cette maladie. Il regrette l’absence de plusieurs médecins et infirmiers spécialistes pour détecter cette maladie, ce qui augmenterait le risque de son développement dans la communauté

« Nous avons des difficultés par le faite qu’il n’y a pas assez des spécialistes de cette maladie. Il y a des infirmiers qui sont même ici sur terrain mais ignorent un cas de lèpre. Ils peuvent toujours administrer d’autres médicaments à ce dernier sans s’en rendre compte jusqu’à ce que le cas se complique », précise l’infirmier
Ces 70 patients, hommes, femmes et enfants suivis dans la léproserie de Mbimbi, certains y sont depuis la création, à l’occurrence Paluku Malikidogo Daniel, dit Nyamulera, la flûte en français (Instrument à vent sous forme de tuyau percé d’orifices). Il est lépreux depuis son enfance, d’où il a perdu tous ses orteils. Il vivait à Mbau avant d’être pris par le Docteur Karl Becker, jusqu’à Oicha, à qui il ne cesse de remercier pour l’avoir sauver la vie alors qu’il se sentait rejeter par sa famille

Un patient guéri de la Lèpre avec sa la flûte, Photo J.Bibuya/BeniNipashe

« J’étais arrivé ici avant même l’installation de ce site. J’ai participé aux travaux de construction de cette maison. Je n’ai plus de famille ma famille se trouve désormais ici. Moi j’habitais a Mbau ma famille m’a déjà abandonner. Si je suis encore vivant c’est à cause de Becker qui m’a accueilli ici et qui me soignait ».
Kasereka Fataki, lui est encore jeune. Il est venu de Byakato en territoire de Mambasa en province d’Ituri, il y a de cela quelques mois. Il a été détecté comme lépreux alors qu’il se soignait dans une structure sans que l’on se rende compte de sa maladie. Il dit être abandonné par sa famille qui ne lui rend même pas visite mais ils ne communiquent qu’au moyen de téléphone

Mumbere Seghemera Gilbert, lui, a déjà perdu sa jambe gauche et ses doigts. Il ne marche qu’à l’aide des béquilles

Par Delphin Mupanda

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